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lundi 23 juillet 2007

Ca y est, les feuilles jaunies tombent, virevoltent, couchent sur le sol les derniers frémissements de l'automne, et la mélancolique mélodie fredonne ses dernières notes, touchantes..

Plus jamais d'automne, plus jamais d'hiver, un cri, le hurlement de l'éternel printemps.

Les jours ont passé, les jours ont failli.
De coups en regrets, les couleurs ont passé,
sans nuances, sans magies, que celle du jour qui s'éteignait..
Amertume..

Et le printemps, ce gout fruité dans l'air, cette douceur qui s'accentue, qui s'envole littéralement, physiquement, qui ne nous fait plus toucher terre,
plus de trémolo dans la voix, plus de demi mesure dans les sens.

Cette chose sans vie, sans forme, qui nous prend et nous emmène aux confins de l'humanité.
Et le concordance de tout s'imposera, dans l'éternité règnera et vibrera toujours la corde de l'archer, du musicien intemporel qui joue cette mélodie, éprouvée, mais jamais ternie..

dimanche 22 juillet 2007

U.X.O

Un ciel si bleu, si étalé, une renaissance

jeudi 19 juillet 2007

Morceau Choisi

03h48 : On roule la clope et on l'allume.

03h50 : Bon ..

Et toulouse resplendit toujours, un matin, comme un autre..

Que sont ces rues ? Quels sont leurs charmes ?
Quelle déchirure, ainsi sont ces rues et ces batîsses, je les parcours, de long en large, en travers, partout, et je les cours, je les parcours, je les sens, je les entends, et je ne me lasserai jamai de leurs murmures, les bruits, les sont, me poursuivent et résonnent, à l'éternité, dans ma tête, et mon coeur.
Et ce monde poursuit sa même voie, sa destruction, ces aspect m'entousiasme au plus haut point, tout frémit en moi à la pensée de cette finalité, les murs crient, les murs hurlent, je veux les flammes, je veux le feu, je hais tout ce qui les souille, tout ce qui ne les aperçoit pas, je veux les voir, courir, fuir le brasier, les entendre pleurer, bouleversés.. Pleurs, fils, l'imminence est là, vois la face du monde qui fronce les yeux, sens le vent, l'inaugurateur, le grand juge, soufflant partout en cet endroit, ressens ses vibrations, ressens ces frémissements, écoute le parler, de toutes tes forces.
Je veux les prendre, les gratter, à l'excès, saigner mes doigts et mes phalanges sur leur mémoire, m'empâler sur leur pieuse souveraineté, m'arracher less yeux, la peau et le corps, indigne de mon insignifiance, indigne de ma conscience, hurle le ciel sous mon chatîment, crient les astres sous leur lumière, et la tête repose quand s'envole l'âme, quand s'envolent les sentiments, les symboles de notre attachement, ainsi voguera ce lêger souffle à travers les branches, majestueusement devant les grands centenaires de ce si vieux monde.

4h04 : Clope finie, le reste ne se retranscrit pas, il se vit.. juste

lundi 9 juillet 2007

Zolom

Mais hurle, hurle à la mort. 

Crie ta détresse et crie ton désarroi, cours la colère et courrent les sentiments, les herbes hautes se lâchent. Vivez les, ces aventures improbables, ces amours sans vertus, ces idées sans morale, car il faut faire vite, avant que les racines des arbres ne s'élèvent, et que, impétueuses et frivoles, elles ne te saisissent aux chevilles, et qu'elles t'entraînent au plus bas. 

L'entends tu ce bruit sourd, l'entends tu ce pesant silence ? 
L'interdit se doit d'être franchi; 
crions, crions nos passions; 
il faut hurler, plus fort que les loups, hurler notre envie et hurler notre vie. 

Le néant se rapproche vite, mais tout n'est que finalité, et quel plus beau but que de courir et souffler plus fort que le vent ? Dessinons nous même l'aurore qui gouvernera nos futurs matins, la lune qui enchantera nos futures nuits, les chaînes sont fortes, mais il est des choses que rien ne peut briser, et ce déchirement, accompli dans un cri des plus lyriques, trouvera éternellement l'écho qui lui répond.

dimanche 8 juillet 2007

Till the End

Les vois tu ?

"..."

"Les vois tu ?!"

"Qui ça ..?

"Les Anges, je les vois, comme je te vois.
Ils sont peints, partout autour de nous,
ils nous regardent, nous observent et nous sentent.
Je les vois, délirer, plein de gaieté,
ils chantônnent.."

"Ceux que tu vois ne sont pas les Anges,
ceux que tu vois sont tes souvenirs,
contemple les, apprécie les, dans leur plus simple appareil,
celui de la modestie, celui de la nostalgie.."

"Quel délice de pouvoir les revivre,
quelle joie de les avoir gardé.
Je me meurs, et la Mort elle même
vient me conter de son recueil
les plus beaux passages de ma vie.."

"Oublie ces paroles et oublie ces dires.
Contemple le masque qu'elle te jette,
ne bois pas ces paroles et ne goûte pas ses fruits
car le masque dont elle t'a orné n'est pas celui de la récompense,
mais celui de ce que tu laisses, de ce que tu abandonnes.
Ne ressens tu pas, et l'amertume, et la frustration,
en revivant ce que tu ne pourras plus vivre ?"

"Regarde ces constellations, regarde ces étoiles,
là bien avant moi, et toujours ici alors que ma fin arrive,
et pourtant, du début jusque .. maintenant, elles brillent.."

"... .

Jusqu'à la fin tu as nié le manque, comme d'autres jusqu'à la fin ont nié..
L'Eternité.."

samedi 30 juin 2007

Le couloir est sombre, et le sang rougeoyant,
rugissent leurs cris, leurs crocs, leur crasse,
ce territoire est leur, et cette terre est noire.
Libérez moi de leurs sangles, de leur étreinte,
ne me fauchez pas, les larmes coulent,
et leurs fourches s'alarment, ne coupez pas, non,
ne coupez pas la flamme, ne soufflez pas cette lueur.
Huez les, libèrez moi, libèrez les, ma lubie prévaut,
suivez en les dessins, dessous les vapeurs et les valeurs,
reniez ces croyances, raillez de ces créances,
prenez y mais prenez y tout.
Ne leur laissons, ne leur laissez rien, lassez les de leurs erreurs,
ne les laissez pas errer sans heure,
comptez leur le temps, et contez leur le vent,
l'insensibilité n'est jamais vaine, et que chacun vienne à l'ascension.

Grimpez, groupez, n'abandonnez jamais,
Montez en avant, hardis, ardents,

Qu'ils faillent s'user, saisir, saigner,
que les mains se crispent, que les êtres se risquent,
afin d'en embellir chaque rocher, enrichi de cet esprit,
de cet idéal.

Et luttez, luttez fort et luttez haut,
Voyez leurs ombres, voyez leurs ambres,
ils ne font qu'accroître, mais ainsi est leur cruauté.

Et dans l'ombre nous poursuivrons,
dans les l'ombre et ses lymbes nous saurons,
nous saurons à coup sur le cap vers la lumière,
vers cette douce flamme de bougie rougeoyante.
Ecoutez les, ils battent en retraite, ils buttent,
sur ce monde, sur cette nature, qui réclame son amende.
Ainsi vient le prix du tribu, ainsi naît la peine.

Ainsi les larmes changent d'yeux, ainsi les lieux déposeront les armes.
Et la douce mélodie qui nous accompagne, mélangera nos âmes et nos armes.
Là ne frapperont plus les tambours, là ne résonneront pas les labours, et les labeurs,
et cette douce symphonie, essoufflée et assoiffée,
qui jadis nous guida jusqu'au danger,
nous laissera nous abreuver de la source qui sourira.

Et je crie, et je ris, et le coeur et ces choeurs, jamais n'auront cette saveur,
suivrons nous ? sauverons nous ?

Santa Lucia

Courrent, courrent les herbes hautes, et les fougères sauvages.
Toutes ces crêtes vertes en mouvement, suivant les palpitations du vent,
à son bon gré, à son mal gré, que s'inspire l'air et son enchantement.
Ainsi s'élêvent les troncs, les branches, les arbres, que se garnisse
ainsi l'innommable forêt qui se forme, qui encercle.
Et courrent les branches, courrent les feuilles, courrent ces bras
qui se tendent comme pour se donner la main.
Et le vent fuit, évite, se fait lâche puis rapide, distance comme il le peut,
mais il se heurte toujours à ces piliers déjà centenaires.
Ainsi naît l'eau, pour panser les blessures des combattants, pour refroidir
leurs torrides étreintes, ainsi vient la pluie, quel doux rafraîchissement.

Que l'eau est claire du sommet de cette colline, courrons y, tous.
Et les soifs s'étanchent, les esprits se calment, la folie ne s'attarde pas

Douce nuit, doux vent qui a été rendu paisible, doux arbres qui ne font que
murmurer le récit de son passage, douce eau qui n'ose frémir.

Avant que naisse l'orage, avant que sa colère nous effraie,
avant qu'aveugles et sourds nous soyons devant sa puissance,
couchons nous là et vivons paisiblement ce moment.

mercredi 27 juin 2007

Die Tanzerin

Le lieu : un immense plancher dans l'obscurité quasi totale
Le moment : la nuit et la pénombre, qui envahissent toute couleur, toute vie.

L'être est agenouillé.
Les poings frappent le sol, rageusement.
Ses bras se lèvent, opposés, les poings tendus, les yeux bandés.
Lentement, la musique, l'air, s'élève, et ainsi naît cette danse.
La bouche est grande ouverte, les cordes palpitent, rien ne sort, rien n'est dit, rien n'est vu.
Et cette danse, cette danse, les jambes tremblottantes qui se dressent, le corps qui se raîdit.
Er la musique s'amplifie, s'emporte, emporte.

Quels mouvements grâcieux, quelles courbes parfaites.

Ainsi est l'être, ainsi est le poète.
Le foulard s'envole, les yeux s'ouvrent

"contemple ta grâce"

Ressens chaque vibration de ces notes, chaque frémissement de l'air, vis cette symphonie.

Et le corps se courbe, saute, tourne.
Tous ces gestes, tous ces déhanchements, tous ces appels

Tout est poésie..

mardi 26 juin 2007

Ire

Les coups pleuvent sur les portes qui se claquent seules, le noir a pris possession.
On est seul, dans cette pièce sans meubles, à chercher comment allumer cette putain de chandelle.
Les murs sont muets et ne renvoient pas l'écho de nos propres cris, de nos propres hurlements intérieurs, on a beau gratter les pierres, user nos doigts sur leur lisse froideur, rien ne vient, rien ne s'entend.
Perdu avec soi même, rien ne prend forme, rien ne prend vie, les peurs, les joies, toute émotion fuit, rien ne se meut.
On a beau marcher, courir, marteler le sol qu'on ne crée aucun bruit, aucun pas, aucun grincement, confiné dans ce minuscule espace sans fenêtres.
D'ici, rien ne s'échappe, rien ne sort, et les longues distances parcourues en long et en large ne changent pas la donne.
On est seul, dans le noir, et la chandelle couchée sur le papier reste vierge, la plume sèche.

"F.."

Cela naît d'un rien, d'un souffle. Elle pince ses lèvres et le son s'envole, comme un légêr vent, emplit la pièce et emplit mon âme.

Le geste est limpide, clair, précis, une ellipse de tout beauté, et voilà la course folle de cet esprit qui s'entreprend. Elle n'a qu'à murmurer pour donner inspiration. Et l'esprit voyage enfin, traverse les rues et les murs, survole les toits et les maisons, il vole, affublé par son précieux geste de ses minuscules petites ailes, il court, innocent, indomptable, vif et rapide.

D'un rien naquît le plus prestigieux des spectacles, le passage dans un monde bruyant, peuplé, échappant aux cris et aux rumeurs, voguant des oreilles des uns aux esprits des autres, cherchant un refuge digne, voyageant et traversant, et les périodes et les lieux. De ces terrasses de café aux nefs des églises abandonnées, semant sa pureté et sa quintessence, mais ne se ternissant nullement.

Il se fait discret, devient un oeil ou une oreille, s'abreuvant de tout ce qui peut découler de l'environnant, il est un voyage à lui seul.

L'écho ne nous rend sourd, porté par son envol, et rien ne saurait dissiper sa majesté, ainsi est son chemin, où rien n'est accessible.

Il est infîme, inexistant, irréel, mais sa force est sans commune mesure, ainsi je peux me permettre d'oublier la moiteur environnante, cette sordide lumière artificelle, et la nuit qui frappe lourdement à ma fenêtre, comme pour me happer dans son monde sans couleurs.

vendredi 15 juin 2007

Das

Weiss ist der Mond,
Blauen sind die Blümen,
wie erschreckt sich das Hertz,
wie schreiben die Händen,
zu lang ist dieses Leben und verrückt werde ich.

Lilium (Elfen Lied)

Pâle et froide lumière, celle qui illumine la solitude,
qui fait courir sur soi l'extrême abandon de tout.
Ces mains..
Ces mains qui voudraient saisir le feu de l'astre diurne,
qui voudraient brûler de la force, pour le posséder,
et disparaître dans un éblouïssant éclair.
Et la Lune,
de sa surface lisse comme une pomme,
du parfum sirupeux qu'elle fait résonner dans l'air,
de celles qui ne manquent jamais les rendez vous qu'on leur donne,
doux chant qui s'élève du nulle part,
de l'inconnu, et dont les notes paisibles forgent et endorment.
Merveilleux est son reflet dans l'eau,
si rond, si fidèle, qu'on n'oserait faire le dernier pas pour troubler l'onde,
car ainsi est la peur et la fragilité des choses vraies..
Que ce drap qui flotte est l'amour,
Là.
Cette envie de courir, ce long couloir, ces fenêtres et ces vitraux,
ce coeur, l'écrin dans l'écrin,
Mais les volets se rouvrent, et déjà, le parfum des tulipes..
Le parfum des tulipes..

Tout ce qui reste n'est que ce sourire,
non, cette moue, cette moue triste,
et ces mains brûlées, marquées à jamais de la folie d'une nuit,
de la folie d'un excès,
de la folie d'un sentiment..

Douce infortune..

vendredi 1 juin 2007

Une Clope..

Essai [#]

La louve est pleine mais les chasseurs la pourchassent.
Ardente lune qui la bénit de ses feux, doux crépîtement de l'âtre,
Je ne sais combien de sourires s'offriront à ce spectacle.
La mer est tenace mais les vent sont spontanés,
là, ici, ils se mélangent, ils l'encerclent.
Doux unisson des glaciers et des bateaux qu'ils renferment,
les ruisseaux du temps ne les auront pas effleurés.
Mais un jour l'Astre sera plein, la nuit sera fraîche,
et le sang versé sur les herbes hautes
sonnera la mise à bas de nouveaux prétendants.

jeudi 17 mai 2007

White Wings Legend

>> Blog OST

Cela commence par un rien, par une allusion, par une phrase dite comme ça, négligemment, un soir, une nuit, comme une phrase de tous les jours, une phrase dont on ne soupçonne aucunement l'importance.
Et, en de trop rares moments, la portée de cette phrase, de ces quelques mots inaperçus, banals, s'envole, s'envole pour ne plus redescendre.
Elle précipite les protagonistes dans un enchaînement incontrôlable de leur folie, le principale moteur de cette boule de neige.
Cette petite touche qui transforme deux trois mots en un souvenir irrévocable.

Et de ce bout de phrase apparaît l'inoubliable, la traversée du miroir.. Alice connaît ça.
Puis tout abonde, on s'y prend à se laisser aller à l'insouciance, à ne rien vouloir contrôler, juste vivre, vivre et apprécier..

Et comme ce fut appréciable..

Les souvenirs, les vrais, ne se construisent pas, ils interviennent d'eux mêmes, sans qu'on les appelle, c'est ainsi qu'ils sont.

-

I didn't believe in anyone,
But I found you today,
My eyes are not closed baby,
I still remember...

If my words are not that clear,
I know my heart is understanding,
Every little kiss of you...

I'm your princess for a night,
Maybe forever...
We were dancers in the rain and it still remains...

If my words are not that clear,
I know my heart is understanding,
Every little kiss of you...

Just a sunny day in Paris,
Please give it back to me,
I don't need to be romantic,
I just have to be me.

My lover is gone but I'm not on my own...
With all these little kisses of you.

mardi 8 mai 2007

Sigur Ros - Glosoli

Pourquoi Glosoli ?

Parce que Glosoli est une ascension, une montée. Mais, dans ce principe, l'important n'est pas le fait de monter, sinon n'importe quoi pourrait convenir, l'important, donc, est l'endroit où l'on monte.
La montagne que l'on gravit.

Et Glosoli est la montée vers l'infini, l'intouchable, l'irréel, la ruée vers des sentiments à leur paroxysmes, indéfinissables dans leur irréalité, des choses sur lesquels on ne peut mettre de mot, tant n'importe lequel ne saurait convenir.

Cette ascension amène à un tout, mais en même temps, un ensemble de sentiments indescriptibles, qui ne peuvent être connus qu'en les ayant vécu.

Et, soudain, quand on pense enfin avoir fini l'épreuve, quand l'homme halète, les sentiments usés, fatigués, par cette musique crescendo, alors se produit l'impensable, la chose à laquelle on ne pourrait s'attendre, se préparer, quand bien même on aurait écouter le morceau des milliers de fois, enfin se produit l'explosion, l'explosion de tout sentiment, de tout ce qu'on peut ressentir, à des milliers d'années lumières de ce qu'une âme humaine peut concevoir.

L'explosion vers l'infini, vers l'immortel, la puissance, l'ingérable, la chose qui rappelle que l'on est humain, et qu'en tant qu'humain, nous ne pouvons que subir.

Glosoli le fait remarquer. Glosoli nous met les pieds sur terre tout en élevant nos capacités perceptives à des degrès qu'on ne saurait même murmurer.

C'est celà Sigur Ros.

vendredi 4 mai 2007

Veridis Quo

Ce qu'il ya de formidable, avec la poésie, c'est que, dans l'époque actuelle, notre époque chérie, ceux qui s'en disent les derniers défenseurs, les représentants les plus fidèles, en sont également les bourreaux.

Sans revenir sur la définition, sur laquelle on peut quand même nourrir certaines frustrations, aujourd'hui, qu'est-ce que c'est devenu ?

On voit pulluler, ici et là, des regroupements de post-hippies sur le retour, ou des amas d'étudiants littéraires en mal de sensations, avec une espèce de fibre jmenfoutiste qui ne vole pas haut.

Qu'est-ce que ça donne ? Des regroupements dans des espèces de lieux sordides, affublés du nom récurrent de "Cave", sans doute pour l'aspect underground fashion qui est apparu il y a quelques années, et peut être parce que ça fait classe ? Va savoir.

S'ensuit une espèce de cérémonieuse lecture épisodique de ce que chacun veut bien lire, devant ses semblables. Bien sur, chacun de ses "exposants" dira qu'il est heureux de faire ça, de partager toutes ces choses "qu'il a écrites avec son sang, en saignant son âme, pour en retirer une encre poétique incomparable".

Vous me direz, ça peut paraître vâchement pessimiste et noir comme vision de la chose, mais comment la voir autrement ? Comme le dernier bastion occidental de la libre pensée et de l'expression des désordres de l'âme ? Pompeux quand même.

Ce qui est drôle dans ce phénomène, drôle .. et dangereux en même temps, c'est leur inconscience. Ils sont inconscients, inconscients de ce qu'ils font, de leur normalisation de la poésie sous une forme estudiantine pseudo libertaire, soi disante supra-réaliste, et dont ils, eux, les poètes, sont les représentants, une espèce de caste aux idées de liberté et de discours ressassées depuis plusieurs générations déjà, à chaque fois dans une espèce de cadre similaire.

A fortiori, qu'est-ce que ça peut donner ?

Si on les écoute, on ne retiendra que trois choses :

1) ceux qui voient ça comme le dernier rempart contre une société décadente, le dernier centre de la beauté et de la compréhension vraie du sens de la vie et de ce qu'elle apporte.

2) ceux, un peu plus couards, qui sont là pour lire leur texte, mais attention, ce n'est pas n'importe quel texte, c'est une partie d'eux mêmes qu'ils auront dû s'arracher dans la douleur, ce qui en fera quoiqu'il arrive un texte supérieur, un texte bien, un texte incritiquable.

3) ceux, enfin, qui ne savent pas véritablement ce qu'ils font là, mais qui sont d'accord pour suivre cette espèce de mode résistante, parce que "ça fait bien d'y participer"

Voilà un semblant d'état de la poésie moderne et bon marché.

On comprend assez pourquoi pas mal de ces gens se sont tournés vers eux mêmes et leurs émotions comme centre créateur de leur poésie qui décoiffe, en effet, dans un univers comme ça, tu ne peux compter que sur cette manière de faire, pour pouvoir préserver un minimum ce qu'il reste de dignité et d'égocentrisme.

Oh bien sur, devant un tel discours, on criera unanimement à l'attaque de la langue de vipère, du jaloux, car ils sont tous imbibés d'un énorme niveau d'humilité.
C'est sur, c'est on ne peut plus humble de parler de soi.

Que j'aime la naïveté, la naïveté, quelquepart, c'est une forme de poésie (tant qu'elle reste inconsciente)

mercredi 2 mai 2007

Manifeste

Elle est ce que je trouve de plus beau, et ce que je trouve de plus horrible,
ce que je trouve de plus délicieux, et ce que je trouve de plus immonde,
elle est une mélodie, et une cacophonie,
l'amer, et le sucré,
le chaud, et le froid,
le tolérable et l'insupportable,
le fort et le faible,
le bon et le mauvais,
le clair et l'obscur.
Elle est l'horizon levant et ses rayons du matin,
le coucher rouge et violet et ses nuages noirs,
la pleine clarté et son ciel turquoise,
et la nuit sans lune, sombre comme l'univers.
Elle est ce que j'entends, et ce que je n'écoute pas,
ce que je vois, et ce que je ne regarde pas,
ce que je mange, et ce que je ne goûte pas,
ce que je caresse et ce que je ne touche pas,
ce que je sens, et ce qui ne m'enivre pas.
Elle est ce qu'on crée,
ce qu'on imagine,
ce qu'on ressent,
ce qu'on ignore,
ce que j'étais
et ce que je serai.
le bonheur, comme le malheur,
le début, comme la fin,
le tout, comme le néant.

A toujours, comme à jamais.

lundi 23 avril 2007

Und So Weiter

Prends ta lance, poète, et combattons ensemble l'ennemi qui fait rage.
Combattons cet ennemi informel, invisible, mais dévastateur, cet ennemi sans odeur, sans envergure, impalpable, ce monstre qu'on dit inaltérable.

Combattons cette oeuvre naturelle qui oeuvre contre la Nature, combattons cet imperceptible adversaire qui nous touche tous, qui nous blesse tous.

La tâche est rude, folle, c'est une entreprise démesurée, une lutte sans fin, mais diaboliquement nécessaire.

Trouvons notre ennemi, sous toutes les appellations, dénominations et métaphores qu'on emploie pour le désigner.

Symbolisons notre ennemi, dénichons le, quelle que soit sa forme, quelle soit son engence.

Combattons le pour nous même, combattons le pour ce en quoi nous croyons tous.

Luttons contre cet ennemi qui détruit les mirages qu'ils nous proposent, et auxquels nous succombons follement.

Gardons ce qu'il nous donne, approprions nous en chaque seconde, chaque are, chaque goutte.

Figeons le, pour toujours et à jamais, dans ce qu'il peut être de plus beau, l'éternelle immuabilité des choses.

Frappons le de tous les cotés, en même temps, fractionnons le, blessons le d'abord, des milliers de fois, s'il le faut, ébranlons le par à coups, mais ne nous défilons pas.

Restons stoïques devant cet ennemi qui nous prend bien plus que tout ce que le monde entier pourrait nous prendre, restons impassibles devant sa fureur, restons ce que nous sommes, et ce que nous voulons rester.

Gardons ces offrandes, et battons nous contre la soumission qu'il nous impose en échange.

Soyons égoïstes dans nos valeurs, soyons nous mêmes.

Luttons contre lui..