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mardi 11 décembre 2007

Blanc Sonore

Il fait chaud, et pourtant, j'ai froid, c'est comme l'infini vide contenu dans le miroir, celui devant lequel on s'expose, assis dans son appartement moite et embrumé, dont le reflet n'est qu'une loitaine pièce sordide, qui paraît sans vie, à part celle que l'on veut bien donner. Tout ce qui frappe derrière cette copie de soi, c'est un inconcevable silence sans murmures, sans parfums, et sans volonté, et ainsi regarde ton l'image de son propre désarroi, de sa propre profondeur, du boulet qu'on traine depuis l'imminente naissance, et qu'on s'efforce de dissimuler, jour après jour, dans un contenu qu'on ne sait pas vraiment définir?

mercredi 30 mai 2007

La Bète

5h51

J'aime pas me réveiller, je n'aime pas ça, pas du tout, car alors il est très dur de me rendormir.
J'appréhende, car je sais que les nuits durants lesquelles je me réveille sont liées au désespoir.
Et naturellement, à chacune de ses nuits je me lève..

Le jour se lève aussi, le soleil, les oiseaux, la fraîcheur, même rituel visible chaque jour.

Des fois, j'ai le besoin de le voir, des fois, je ne tiens pas, je ne veux pas, je sais que je souffrirai.

Une clope, vite.

Je connais par coeur ces moments, c'est dramatique, c'est bète.

Encore un crève-coeur où je pourrai m'arracher les cheveux par poignets, où tout se révèle noir, obscur.
Je retourne ma vie dans tous les sens, j'étire le monde qui m'entoure dans toutes ses probabilités, toutes ses directions possibles, et, encore une fois, j'en arrive aux mêmes choses.

Je redécouvre les mêmes évidences, et tout se ramène à cette solitude, cette putain de solitude étouffante et cernée d'inutile.

Je suis incompris, incompris dans mes pensées, dans mes envies, dans mes sens, je ne peux faire autrement qu'être moi même, je ne me force pas putain, vous m'entendez ?!

Je suis comme ça, et j'y peux rien, je suis comme ça, et, en étant comme ça, je me condamne.

Je me voue à la solitude, à l'indifférence, à l'incompréhension.
Je ne vois dans les regards que de la moquerie, du rejet, du cynisme.

Je ne suis pas parano, je vous emmerde, j'aspire à être autre chose qu'un phénomène de foire, que le type avec qui on cause pour triper cinq minutes, mais c'est là tout ce qui m'est offert.

"Waouh t'écris ? Waouh c'est space ! Waouh bon je te laisse, je vais faire mes courses."

Je vous emmerde, tous, je vous déteste.

Foutu monde dans lequel je n'ai pas ma place, dans lequel je ne peux pas trouver ma place.

Je voudrais me percer le coeur jusqu'à la mort, j'échappe à tous les rouages de ce monde, parce que je ne m'y sens pas à l'aise

"C'est ta faute, tu ne fais pas un effort !"

Je les emmerde ces efforts, vous ne comprenez pas ? c'est ainsi que je suis putain.
Forcé de se complaire, sans amitié, sans compréhension, sans partage.
Et je suis condamné, encore et toujours, condamné à me complaire dans ce que font les autres, mais sans le vivre de la même manière qu'eux, mais bien sur, je ferme ma gueule, je fais semblant .. Pourquoi faire genre ? Parce qu'ils ne pigeraient pas, parce qu'ils m'écouteraient cinq minutes, puis passeraient à autre chose, on n'essaie pas de me comprendre, de toute façon, on ne pourrait pas me comprendre, on m'imaginerait volontairement dans un trip, c'est marrant quelques temps, mais sinon où est le café ?

Je l'emmerde ce café, je l'emmerde ce monde, je fais tout pour m'y accrocher, mais je peux pas, je sature, c'est un miroir dans lequel je ne me reflète pas.

Et toujours ce même choix, je ferme ma gueule, je me lobotomise où bien j'assume.

J'ai passé des années à assumer, ça me gonfle, c'est voué à l'échec.
Ma vie, sur ce point, n'est qu'un immense échec, inquantifiable, démesuré, excessif.

Je suis condamné à périr comme j'ai vécu, dans l'indifférence et la compréhension, avec les mêmes regards vides autour de moi.

J'emmerde cette putain de vie qui n'est pas la mienne.

Ou est-ce que je dois aller putain ? Qu'est-ce que je dois faire ? Pourquoi j'ai pas de panneaux directionnels sur la route que j'aie emprunté ?!

Ca me fait chier, ça me fait putainement chier tout ça, ça rime à rien, je ne rime à rien, y'a nulle part où aller, y'a juste à se cacher, se cacher pour être soi même.

Mais pourquoi c'est comme ça ? J'ai plein d'exemples où les gens ont commencé ainsi, mais où ils ne sont pas restés seuls longtemps, mais moi, forcément, y'a personne.

"Tu ne laisses pas de place aux autres gens"

Ta gueule, les gens je ne les rejette pas moi, les gens se rejettent eux mêmes, les gens me fuient, les gens ne cherchent pas

"Tu fais ton illuminé, ça te fait triper de te croire que tout seul"

Non, j'ai horreur de ça, je ne peux plus supporter de le vivre, j'en ai ma claque, j'en ai marre de devoir aller rêver seul parce que personne ne pourrait partager mes rêves, de devoir me poser les questions que personne ne se pose, de devoir fermer ma gueule, et parler des mêmes choses que tout le monde parce que sinon on ne ferait même pas attention.

J'en ai ma claque de devoir me conformer, me censurer, me retenir, pour avoir de l'attention, j'en ai marre de devoir vivre comme tout le monde alors que ce n'est pas la vie à laquelle j'aspire

"Toute façon ce n'est pas non plus le monde auquel tu aspires"

Et toujours ces mêmes finalités, ces mêmes idées qui se bousculent, qui savent déjà qu'elles devraient se pointer à la fin de mon discours

L'inutilité, le non sens, tout ça se rue dans ma tête, dans mes pensées, y'a rien à faire, c'est une peine perdue, je ne suis qu'un gaspillage.

Je ne peux pas me battre parce que je n'ai personne contre qui me battre, à part contre un monde entier qui ne veut pas de moi, qui ne tolère pas les gens comme moi.

Toujours la seule issue qui émerge.

Si j'avais les couilles .. Un jour, j'aurai les couilles de poser un point d'exclamation à tout ça, un jour, j'arriverai à être assez furieux pour ça, et ce jour, enfin, je goûterai un éternel repos bien mérité.

vendredi 16 février 2007

mardi 6 février 2007

A Posteriori

3h52

On allume une clope..
Même rituel chaque soir, et même enchaînement de manies et d'habitudes diverses.
On repense à la journée, ce qui s'est passé, ce qu'on a fait & dit, vu & entendu, la blase.
On a beau s'évertuer à chercher de l'inédit, on en revient toujours au même.
On se lève de la même manière, on se couche de la même manière, entre les deux, que du remplissage, on a beau dire qu'on a eu une journée bien remplie, qu'on a fait ceci ou celà, on en revient toujours au même.
On traine une toile de fond toute la journée qu'on essaie de peindre à chaque fois en variant les couleurs, ça vire toujours à la sempiternelle même fresque, une nuit avec une lune crasse, et quelques étoiles par ci par là.
On discute, on agit, on cherche telle chose, on trouve telle autre, mais au final, on se retrouve toujours dans ce même et foutu shéma, les mots habituels qu'on échange avec les habitués de ces rendez vous, qui vont toujours se coucher à des moments similaires, et on débouche toujours sur la même chose :
- un soupçon d'alcool pour l'ivresse
- une pointe de drogue pour la détente
- les habituelles activités de "pré-sommeil"

L'idée d'un sitcom glauque n'a jamais autant eu une aussi flagrante signification.
Toujours ce même début, toujours cette même fin.

La clope est finie, générique.

dimanche 14 janvier 2007

Paranoïac /1

"Tout va bien".
Les allées de Fitte sont calmes, la circulation est légère, en ce milieu d'après midi. Le temps est incroyablement doux. "On dirait l'automne.."
Un dernier virage, et je suis chez moi, tranquillement. "Oui, tout va bien".
La portée d'entrée dont la serrure coince un peu, le couloir mal éclairé, le double verrou de la porte. "Impeccable"
On jette le manteau en vrac, on balance ses pompes dans l'entrée, la porte, le salon.. chez soi. "Je trouve aussi que tout va vraiment bien."
On tâte le portable, on mate ..Tiens, un message.
Encore elle, tiens, elle est chez lui.
"Fallait s'en douter en même temps, ils sont bons amis.
- Oui mais toi aussi tu es un ami.
- Ouais .. mais sans doute pas le même"
Bref période d'air blasé, puis regard à la fenêtre, vue sur les quelques arbres du modeste parking qui illustre mon panorama, petit sourire.
"C'est pas grave après tout."
On se jette sur le lit, on regarde la chambre.
"La lumière est excellente.
- Je trouve aussi".

On tend le bras sur la table basse, on pousse le bol du petit dej, on chope le portable, on se décide à répondre.
Grand silence dans la pièce, juste troublé par le bip des touches..

[ T'as l'air en meilleur forme aujourd'hui ]

La veille elle avait pas pu venir, malade qu'elle disait être.
"C'est quand même fort possible, je ne vois pas pourquoi elle mentirait..
- Tu n'es quand même pas sur de ça.
- Ta gueule"

Etalé sur le lit, le regard dans le vide.. La veille, ouais, elle devait passer, mais elle m'avait dit sur msn qu'elle etait pas bien, et qu'elle allait se reposer au lit.
"Moi je dis qu'elle était chez lui, et qu'elle a dit tout ça pour que tu la laisses tranquille, elle avait pas envie de te voir, et elle voulait avoir la paix.
- Ouais mais .. pourquoi ne pas l'avoir dit dans ce cas ?
- Va savoir .. la pitié, la non-envie de se faire envoyer chier..
- ..."

Réponse du message.
[ Oui ça va mieux, etc ]

Réponse basique, le cynisme de mon message n'a même pas été remarqué..
" Et pourquoi elle a pas réagi alors ?
- Elle a même pas du s'apercevoir que c'etait ironique
- T'en es sur ?
- ...
- Peut être qu'elle l'a remarqué, mais qu'elle joue à ça en te prenant pour un con, pour que tu ne la fasses pas chier
- ...
- Et je te rappelle qu'hier, tu n'es sur de rien sur sa prétendue nécessité de se reposer
- .. je ne vois pas pourquoi elle mentirait
- Oui mais ... tu ne vois pas non plus pourquoi elle ne mentirait pas."

Me & Deno, Love Story

jeudi 11 janvier 2007

[?]

Gary Jules - Mad world (Donnie Darko Soundtrack) -> Ici ?

-

Est-ce que vivre, c'est souffrir ?
Question hautement triviale, mais terriblement réccurente..
L'éternel apanage des sentiments, cette propension à exacerber l'infime ressenti, ces ressentis dont on aimerait parfois totalement passer à coté, sans les remarquer, sans les vivre, et qui prennent justement la mauvaise manie de s'auto-amplifier, qui arrivent à percer et trouver de quoi se développer dans une vision écorchée qu'on peut avoir de soi et du monde qui nous entoure.
Ces insignifiantes choses qui te frappent à coups de pelle dans la gueule, sitôt qu'elles sont remarquées, qui entrent dans le conscient avec pertes et fracas, qui te saisissent par les tripes, par le coeur, et qui refaçonnent tout ce que tu pensais vivre la seconde précédente.
Finalement, s'émouvoir d'un rien, crier à la joie, se sentir toucher par la grâce, par une euphorie sans limite, croire à la force de cette corde qui t'attire, qui te pousse à monter vers le paroxysme du bien-être..
Mais le baron de Mundchausen n'est qu'un conte, et c'est souvent la corde d'elle même qui se romp, de quoi se demander parfois si ce n'est pas voulu.
Et la chute, le retour aux étages de la réalité a 90m/s, le passage direct dans les sous sols de l'indignation, de la frustration totale, on te coupe ta corde et quand tu t'es bien éclaté la gueule sur le bitume, on te frappe encore avec..
Et toujours, dans ces moments là, cette sempiternelle question ..