Just Focus
On m'a dit d'avoir confiance, allons y donc.
On m'a dit de ne pas me cacher, pourquoi pas.
Tchuss
On m'a dit d'avoir confiance, allons y donc.
On m'a dit de ne pas me cacher, pourquoi pas.
Tchuss
Parce que le réalisme est forcément brutal..
Car il est bien beau de vivre ses jours, encore et encore, à se mirer narcissiquement, puis à ouvrir ses fenêtres sur cette belle rosée printanière qui fait briller le visage des jeunes enfants, comme autant de petites étoiles que Dame Nature vient poser sur leur visage après les avoir recueillies toute la nuit.
Mais le monde, ce monde, n'est et ne doit être qu'une moisissure grossière, grouillante des vices sous jacents et des envies, d'un bord ou de l'autre, passionnées, sans limite, sans honte et sans regrets, cette boule ronde sur laquelle nos pieds courent, nos bouches crachent et nos mots enveniment. Car où va la poésie si on se plait à enfermer en nous, dans la plus délicate des boîtes de Pandore, tous ces sentiments vivaces et frais, alors qu'ils nous seraient grées de les laisser s'envoler et papillonner ici et là, exprimant notre amour d'une chose, ou notre mépris d'une autre.
Non, ce monde doit être terne, glauque et malfamé, qu'il soit sans ordre et sans disctinction, sans pudeur ni morale. Un immonde crachoir dans lequel on s'ébat, encore et encore, avec nous même et avec autrui. La main droite pour se faire jouïr et les yeux pour cajoler, et cesser de fantasmer sur tous ces oniriques présages de cette nature domptée, verte et chatoyante, dont l'herbe serait foulée par des pieds tenus et sautillants, accompagnant les rires étouffés de ces enfants.
Non, ce pré est obscure et mal abrité, la pluie et profonde et les nuages sont gris, et ainsi donc, dans cet environnement ouvert à toutes les detestabilités de l'âme, à toutes les corruptions et les souffrances, aux crachins grossiers qui nous font chier, ainsi doit on vooir le monde.
Comme cette énorme boule ronde qu'on tient en laisse,.
Parce que c'est là que naît la Poésie.
C'est drôle comme parfois on se rend compte que les chemins qu'on emprunte sont garnis de portes diverses, de portes ouvrant sur d'autres endroits, d'autres choses. C'est drôle comme le chemin si habituel, si commun, celui qu'on emprunte tous les jours, peut se révéler d'une toute autre teneur, si on prend la peine d'emprunter une de ses portes, de regarder un peu plus loin ce qui s'y passe.
Et c'est ainsi donc, qu'on s'éloigne du sempiternel déjà vu, déjà connu..
On ouvre grand les yeux sur ces nouvelles choses qui nous entourent, ce nouveau décor. On rentre, on s'y asseoit, et on scrute, l'oeil perdu et émerveillé en même temps, la curiosité et l'envie à fleur de peau. On hume ce nouvel air, on écoute ce nouveau silence, ces nouveaux bruits si communs pour eux, si nouveaux pour nous mêmes..
On les regarde, presque de manière obsédante, on les découvre, dans leurs tranches de vie respective, dans leur banalité, pour eux mêmes, dans un spectacle, inédit, pour nous mêmes.
On goûte et re-goûte cette ambiance, ce parfum, on cherche dans les recoins de nos souvenirs une sensation comparable, des similarités, on associe, on compare, on s'y perd..
Et puis finalement, on ne trouve rien de tel, rien qui inspire ce même ressenti, cette même fraîcheur, ce même régal à vivre.. Et inéluctablement, on finit la bouche béate, et on se contente de s'abandonner, de vivre ce moment qui finalement, fait parti de notre vie à nous.
C'est ainsi, et toujours ainsi, quand la lune est ronde, la brise frémissante et le silence cajoleur, que la vraie intimité se fait, entre moi et moi même. D'une seule et une seule perception, sentiment, tout échange et me pousse vers le puit au fond duquel j'arrive à me mirer.
Quel sentiment délectable de pouvoir, ne serait-ce qu'un instant, dans une vie, de pouvoir se contempler dans l'infini, dans l'insondable.
C'est toujours dans ces moments que Dame Conscience frappe à la porte de mon appartement, amenant avec elle son lots de riches miroirs dans lesquels je peux à loisirs dessiner mon reflet, les tréfonds de mon âme.
Ainsi, je suis là, mes yeux ne savent plus où se diriger, bercés par le chaleureux chant de la déesse, dont l'ineffable beauté et l'innocente pureté n'ont pas d'égal, et les cris, les effroyables cris de la bête, celle qui hante mes plus abominables obsessions.
Ainsi, je ne sais, je ne sais pas si je dois crier à la lune pour chasser ces tourments qui l'accompagnent, ou bien la prier de me laisser céder aux célestes poésies.
Ainsi est là tout le malheur de l'homme dans sa plus profonde intimité, le simplissime choix entre ses peurs et ses angoisses qu'on aimerait chérir pour leur sentiment de certitude, et l'onirique réalité qui se tient parfois devant nous, et devant laquelle tous nos membres se pétrifient de la peur, de la peur que tout ce à quoi on pourrait tenir ne soit retenu que par un mince fil que le destin, de ses doigts habiles, pourrait couper à n'importe quel moment ..
Ô Lune..